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Un air de piano et deux orgasmes plus tard -[ La valse d'Amélie (version piano) _ Yann Tiersen ]-

Ma fenêtre donne sur le boulevard.
De l'autre côté du boulevard, il y a des immeubles.
Ce ne sont pas des immeubles haussmanniens, non ce sont des immeubles un peu moins vieux, je dirais des années 20.
Ce sont des immeubles blancs, oui, blancs comme neige, rien que du blanc sur 8 étages.
Le soleil n'entre jamais par la fenêtre de chez moi, car je suis exposée au nord, quelle infortune pour une fille qui adorait les fins de journées dans sa chambre d'avant, où le soleil lui offrait ses derniers rayons, quelle que soit la saison.
Je suis exposée au nord, ce qui veut dire que les immeubles blancs de l'autre côté du boulevard sont exposés au sud.
Ils sont exposés au sud, donc il reçoivent la lumière du soleil quasiment toute la journée, et vu qu'ils sont blancs comme neige, je le répète, ils réfléchissent cette lumière d'une manière assez prononcée, si bien qu'ils augmentent la luminosité chez moi, et m'aveuglent lorsque je regarde par la fenêtre.
La nuit, ils font moins les malins.

Je crois que je vais aller prendre ma douche.
Récupérer l'annuaire-mystère à la poste.
Juliana m'a tirée de mon silence. Cela devait bien faire 18 heures que je n'avais prononcé mot, si bien que j'en avais la voix enrouée. Je crois. Je suis incapable de dire si je me contentais de penser mes pensées ou de les exprimer à haute et intelligible voix.

La solitude, et puis rien.
Etre assise, respirer et puis rien. Pendant des minutes entières, n'utiliser sa vie, son corps, son esprit, son être à rien. Même pas à profiter de cette oisiveté.
Etre en veille.

S'habituer à quelque chose, et puis le rejeter.
Reconquérir.
Savoir que l'on s'appartient.
Pleurer son enfance. Moi je me souviens de beaucoup de choses, je me souviens de comment j'étais, mais en moi je ne la sens pas la petite fille, j'ai l'impression qu'il y a eu une faille, une rupture, une cassure, la cour de mon école primaire, les petites grilles tout du long par terre, sur lesquelles les autres glissaient quand il pleuvait...

Un coin de ciel bleu, un coin d'enfance, oubliés dans les recoins de ma mémoire, calfeutrés. Calfeutré ce feu qui me gêne, qui m'empêche de vivre, j'ai eu envie de commencer un texte par "jai été violée six fois".
Les enfants savent tout, nous savons toujours tout, car l'enfant que nous avons été ne nous déserte pas, il se tapit plus ou moins, s'oublie ou se dissimule dans les coins d'ombres, dans les terrains vagues de notre conscience, oui, l'enfant reste, et il n'oubliera jamais.

# Posté le mardi 25 septembre 2007 07:45

Modifié le mardi 25 septembre 2007 15:57

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