Si mon ordinateur pouvait parler, je suis sûre qu'il me dirait que ces derniers temps, il se languit de moi. Ou alors il dirait peu-être qu'il en avait marre de voir ma tronche, donc le peu de temps que je lui accorde en ce moment le réjouit grandement.
Oui, mais ça, on ne le saura jamais, parce que mon ordinateur ne parle pas.
Toujours est-il que ces derniers temps, je ne l'allume pas beaucoup, en général guère plus que pour exécuter mon petit tour habituel, myspace, facebook, hotmail (je ne prends même plus la peine de connecter msn, c'est pour dire à quel point le cybernétique de ma vie tombe en décripitude...), et blogs, qui ne se renouvellent pas beaucoup, y compris le mien, qui ne se renouvelle pas non plus.
C'est drôle, je vais voir mon blog, et je le vois presque blasée, comme si je m'attendais à ce qu'il y ait du nouveau dessus, comme si quelqu'un d'autre pouvait s'y écrire - tiens, drôle de lapsus ce S.
Ces derniers temps, j'arrive mieux à écrire ailleurs qu'ici. Même au Troisième Lieu j'y ai réussi, c'est pour dire... Il était chouette, le comptoir cuivré, j'adore cette couleur, le cuivré... Oui oui, on a bien lu, Troisième Lieu. Loin de moi la volonté de vouloir pénétrer le milieu, loin de moi aussi le projet d'en devenir une habituée, loin de moi tous les clichés, mais j'étais tellement comme les cadenas où il faut tourner des disques pour tout aligner parfaitement jusqu'au petit 'clic', j'étais tellement comme le cadenas pas ouvert, j'étais pas en face des trous, tellement crevée, je calculais tellement rien, que c'est là que j'ai eu envie d'aller m'échouer pour tuer le temps et boire un coca, bien que je savais que ce n'était peut-être pas l'endroit idéal, vu le niveau d'obscurité, la concentration de fumée de cigarette au centimètre cube, et le niveau sonore de la musique pas toujours très agréable à entendre...
Cependant, ça a été plutôt bien, mais il était encore tôt, c'est pour ça.
J'ai l'impression d'arriver presque au bout d'un chemin qui va m'offrir un grand et beau tournant. Ou alors presque au bout d'un plongeoir, dont je vais bientôt devoir sauter. Mais on pousse encore, on pousse encore un peu l'épuisement, jusqu'à la dernière limite, un peu comme certains sont obligés de frôler la mort pour se rendre compte qu'ils aiment la vie. Pas de panique, je n'en suis pas là, non moi j'ai juste les lentilles qui ventousent plus sur les yeux en milieu de journée, mal à la plante des pieds à force de faire tomber mon corps dessus, je sors mon portable pour passer aux tourniquets du métro, et je ne discerne pas toujours très bien si c'est à moi qu'on parle quand ça parle autour de moi. Capacité de concentration légèrement limitée en somme.
J'ai demandé au caissier du chouette magasin - où j'ai repéré un joli tableau pense-bête pour les courses, en métal et avec une jolie écriture, à-l'ancienne-comme-les-chips - si je n'avais pas l'air fatiguée, parce que j'avais vraiment, mais vraiment l'impression que c'était marqué sur mon visage ce qui est plutôt rare, il m'a dit que non, et qu'en tout cas si c'était le cas la fatigue m'allait bien, (a-t-il employé le mot parfait? je ne sais plus,) enfin il a ajouté que je devais surtout ne rien changer.
Merci le caissier, je vais boire mon coca maintenant.
Où voulais-je en venir?
Je crois que je vais instaurer la grasse matinée le lundi, comme d'autres vont à l'église le dimanche. Ca ou tout autre chose, faire le chat pendant vingt minutes, braif, je vais Aimer mon lit comme il le mérite.
La suite n'a pas de fin, je pourrais continuer encore et encore, à glisser doucement sur le fil de mes pensées, mais ma vie s'écoule ailleurs, là je veux aller me coucher, et le sable, le sable défile, il défile doucement dans les paysages de mes rêves, éveillée mes idées s'enchaînent et je te regarde, je t'observe de loin, et j'entends encore comment tu parles... le T-Shirt est toujours là...
Je crois que je suis au bord de la crise cardiaque.